Mon fils veut vivre chez son père

je préfère vivre chez mon père



Mon fils a 16 ans.
Il y a deux semaines, il m’a dit qu’il voulait aller vivre chez son père.
Il ne m’a pas regardée quand il a parlé.
— Maman… j’ai réfléchi. Je crois que je veux aller vivre avec papa.
Je lui ai demandé pourquoi.
Je m’attendais à de la colère, à un reproche, à un “j’en ai marre de toi”.
Mais ce qu’il m’a répondu m’a fait encore plus mal.
— Là-bas, tout est plus facile.

Son père et moi avons divorcé il y a deux ans. Ce n’était pas une séparation douce. Des années de désaccords, surtout sur l’éducation.
J’ai toujours été celle qui mettait des limites.
Lui disait que j’étais trop stricte, que j’exagérais.
Quand on s’est séparés, mon fils est resté avec moi. C’était logique. J’étais celle du quotidien.
Chez moi, la routine est lourde mais nécessaire.
Le réveil tôt.
Le petit-déjeuner.
Les rappels pour l’école.
Les devoirs.
Les notes à vérifier.
Les horaires à respecter.
Pas pour le contrôler.
Mais parce que si je ne le fais pas, personne ne le fera.

Chez son père, c’est différent.
Il le voit du vendredi au dimanche.
Pizza le vendredi soir.
Jeux vidéo tard dans la nuit.
Hamburgers le samedi.
Pas de devoirs, pas de règles.
— T’inquiète, on verra lundi.
— Relax, t’en fais déjà assez la semaine.
— Ici, on n’est pas à la caserne.

Un dimanche soir, mon fils m’a lancé :
— Avec papa, personne ne me prend la tête.
Je lui ai répondu calmement :
— Parce que ton père ne vit pas avec toi.
Parce qu’il ne se lève pas avec toi tous les matins.
Parce qu’il ne répond pas à l’école quand ça va mal.
Il m’a accusée de vouloir toujours avoir raison.
Les comparaisons ont commencé.
Chez lui, il peut dormir tard.
Chez lui, personne ne regarde son téléphone.
Chez lui, il n’a pas à se justifier.
J’ai essayé de lui expliquer que son père vit la version week-end, pas la vraie vie.
Il n’a pas voulu entendre.
Quand les mauvaises notes sont arrivées, je lui ai proposé de travailler davantage.
Il m’a répondu :
— Si je vivais chez papa, ce ne serait pas un problème.

C’est là que j’ai compris.
Il confond liberté et absence de responsabilités.
J’ai appelé son père.
Je lui ai demandé d’être clair, de ne pas vendre une illusion.
Il m’a répondu :
— Il est assez grand pour choisir.
Il n’a jamais dit qu’il imposerait des règles.
Jamais dit qu’il gérerait l’école.
Il a juste laissé mon fils rêver.
Un soir, mon fils m’a dit :
— Tu es toujours fatiguée… toujours stressée.
Je ne me suis pas énervée.
Je lui ai répondu :
— Je suis fatiguée parce que c’est moi qui porte tout.
Je me suis rappelée les nuits blanches quand il était malade.
Les appels de l’école.
Les journées de travail annulées pour être là.
Il a baissé les yeux.
Il n’a rien répondu.

Aujourd’hui, il insiste pour partir.
Je ne veux pas le retenir de force.
Mais je ne veux pas non plus le laisser partir sur un mensonge.
J’ai peur qu’il découvre trop tard que la vie n’est pas qu’un week-end sans règles.
Et qu’il revienne quand ce sera plus dur.
Ce qui me fait le plus mal, ce n’est pas qu’il veuille partir.
C’est de sentir qu’on m’aime moins parce que j’ai fait ce qu’il fallait.
Être la maman responsable pendant que quelqu’un d’autre est le parent “cool”…
C’est épuisant.

Qu’est-ce que vous feriez à ma place ?

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