« Je n’avais plus à lui écrire » : comment un accompagnement individuel m’a permis de sortir de l’emprise
Quand je suis arrivée à l’association ELLES, j’étais épuisée.
Pas seulement fatiguée émotionnellement par la séparation, mais usée par tout ce qui continuait après le divorce : les démarches, les mails, les décisions à prendre, et surtout… le contact permanent avec mon ex-conjoint.
Je ne voulais plus de lien.
Plus de discussions inutiles, plus de tensions, plus de messages qui réveillaient l’angoisse.
Mais j’y étais obligée.
Quand le lien administratif devient un outil d’emprise
Nous avons des enfants ensemble.
Il fallait donc rester en contact pour la garde, les changements d’emploi du temps, les autorisations, les rendez-vous médicaux, et parfois même les demandes d’hospitalisation.
Chaque mail était une épreuve.
Je relisais dix fois avant d’envoyer.
Je redoutais la réponse.
Et quand elle arrivait, elle était souvent source de stress, de culpabilisation, ou de remise en question.
Même sans cris, même sans insultes, l’emprise était toujours là.
Dans les mots choisis.
Dans les silences.
Dans les délais de réponse.
Je savais que ce n’était pas sain, mais je ne voyais pas comment faire autrement.
L’accompagnement individuel : un espace sécurisé
Lors de l’accompagnement individuel avec ELLES, j’ai pu poser les choses clairement.
Dire que je ne voulais plus de contact direct, tout en respectant mes obligations légales et parentales.
C’est là qu’une solution concrète m’a été proposée :
👉 l’association pouvait servir d’intermédiaire administratif.
Pour la première fois, quelqu’un me disait :
« Tu as le droit de te protéger, même dans l’administratif. »
ELLES comme intermédiaire : un soulagement immédiat
Concrètement, l’association a pris en charge :
- l’envoi des emails nécessaires
- la réception et le tri des réponses
- la reformulation des informations importantes, sans charge émotionnelle
- la transmission uniquement de ce qui était utile et factuel
Je n’avais plus à lire ses messages directement.
Je n’avais plus à répondre dans l’urgence ou sous pression.
Je n’avais plus à me justifier.
Tout passait par un cadre clair, neutre, posé.
Retrouver une communication… sans relation
Ce qui m’a le plus marquée, c’est que la communication a continué à fonctionner.
Les informations circulaient.
Les démarches étaient faites.
Les besoins des enfants étaient respectés.
Mais sans relation directe.
Sans affect.
Sans tension.
Sans peur de mal faire.
Petit à petit, j’ai senti quelque chose se relâcher en moi.
« Finie l’emprise »
Ce sont les mots que j’ai utilisés lors d’une séance :
« C’est fini. Il n’a plus de prise sur moi. »
Pas parce que la situation était parfaite.
Pas parce que tout était réglé juridiquement.
Mais parce que je n’étais plus seule face à lui.
L’accompagnement administratif m’a permis de reprendre ma place.
De ne plus être dans la réaction.
De ne plus subir.
Un accompagnement souvent invisible… mais essentiel
On parle beaucoup du soutien émotionnel après une séparation.
Mais on parle trop peu de la charge administrative, pourtant centrale dans le maintien de l’emprise.
Les formulaires.
Les mails.
Les décisions à valider.
Les échanges obligatoires.
ELLES m’a aidée là où j’en avais le plus besoin, à un moment où je n’avais plus l’énergie de me battre.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, je gère mieux.
Je sais poser des limites.
Je sais que des solutions existent.
Et surtout, je sais que demander de l’aide n’est pas un échec, mais un acte de protection.
Si j’ai accepté de témoigner, c’est pour dire à d’autres femmes :
👉 vous n’êtes pas obligées de tout gérer seules.
👉 vous avez le droit de couper l’emprise, même quand le lien administratif demeure.
ELLES a été ce relais dont j’avais besoin pour me reconstruire, pas à pas.



